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"L'Étoile du Matin"
un
atelier d'artisanat en Bolivie.
Contact en Bolivie: Florence Ville-Allaman / Masson Casilla
1139. Sucre. Bolivie. Tél: 591 4 64 20 675
Contact en France: Solidarité avec les
Indiens de Potosi/Bolivie 36 rue Lehot. 92600 Asnières. Tél: 01 40 86 58 28 "L'Étoile du
Matin": un atelier d'artisanat en Bolivie. "L'Étoile du Matin" est un atelier
d'artisanat créé en 1999 par des femmes paysannes Quechuas de la communauté d'El
Terrado, en Bolivie. Il est constitué à ce jour d'une vingtaine de femmes
tisserandes et/ ou couturières. 1. Contexte socio-économique local. El Terrado est une communauté paysanne Quechua
appartenant au département de Potosi, à mi-distance entre Sucre et Potosi.
Située à 3000 m d'altitude, la communauté compte 80 familles. La région est
semi-désertique et l'absence de systèmes d'irrigation rend en général les
récoltes insuffisantes pour que les familles puissent se nourrir toute l'année.
Il n'existe pas non plus, localement, de source de travail. Pour faire face à
l'absence de ressources financières, les hommes sont souvent contraints de
migrer 3 à 6 mois par an pour vendre leur force de travail dans la région de
Santa-Cruz où ont lieu les récoltes de canne à sucre et de coton. Outre les
salaires peu élevés, la mécanisation de la coupe de la canne à sucre a fait
fortement baisser le taux d'embauche ces trois dernières années. La migration en Argentine, jusqu'à la fin
2001, restait alors une alternative pour bon nombre de paysans prêts à
travailler dans le bâtiment et pour les jeunes femmes qui se faisaient
embaucher comme employée de maison. Mais depuis quelques mois, la situation
actuelle en Argentine prive les Boliviens de cette source de travail. Du point de vue
des femmes, l'absence saisonnière de leur mari leur impose un isolement
quotidien difficile et une charge de travail importante. Seules à gérer les
enfants et l'intendance (cuisine au bois et points d'eau éloignés), l'absence
totale de ressources économiques, nécessaires à l'achat de denrées alimentaires
essentielles ou du matériel scolaire, les maintient dans une situation de
survie précaire. Les femmes demeurent donc confrontées à des difficultés
quotidiennes: l'alimentation des enfants repose essentiellement sur la
production de leurs terres - pommes de terre, mais, blé et fèves - et les
carences alimentaires sont importantes. Il leur est difficile de diversifier et
d'enrichir leur nourriture par l'achat d'huile, de sucre, de légumes ou de
fruits et les exigences scolaires des
enfants (acquisition de la blouse-uniforme, des livres, et des cahiers…) posent
de véritables problèmes. Le tissage, sur
des métiers à tisser rudimentaires confectionnés par les femmes elles-mêmes,
est un savoir faire traditionnel que les mères transmettent à leurs filles. Il
permet aux familles de répondre à leurs besoins personnels par la confection de
couvertures, sacs à pommes de terre, sacs à coca et "aguayos": grands
carrés de tissus utilisés pour le port de charges dans le dos. Ces tissages
jouent le rôle d'épargne et sont proposés à la vente lorsque le besoin d'argent
se fait pressant. La migration des familles – des campagnes vers les villes –
tend à faire disparaître progressivement cette tradition. 2.
Historique du groupe C'est en septembre
1998 que le groupe "l'Étoile du Matin" décide
de se constituer et de se réunir une fois par semaine pour répondre à deux
souhaits récurrents des femmes: avoir accès à des formations pratiques et
améliorer les ressources financières des familles. Accompagné par une coordinatrice française –
Florence Masson – le groupe organise plusieurs formations successives: tricot,
crochet, tissage sur des métiers à tisser à pédales. Ces nouvelles
compétences permettent aux femmes de confectionner des articles pour leurs
usage personnel - gilets, pulls, châles, écharpes - et de faire croître leur
auto-estime. Mais, si l'introduction de ces nouvelles
compétences permet au groupe de femmes de répondre à leurs besoins en matière
de lainages, il ne répond pas aux difficultés économiques des familles. En
effet, les articles confectionnés ne peuvent pas être vendus sur le marché
bolivien – qui ne rémunère pas la main d'œuvre – ni être exportés, car ils ne
répondent pas à une demande en Europe. Les femmes
de l'Étoile du Matin décident alors d'utiliser leurs tissages
traditionnels et de les transformer - par la couture - en un artisanat de qualité destiné à la
vente. 3. Un groupe autonome et productif Dans un premier
temps, les femmes de l'Étoile du Matin apprennent à manier les machines à coudre et à confectionner, pour
leur usage personnel, des jupes traditionnelles et des sacs à dos pour leurs
enfants-écoliers. Une fois les
techniques de couture maîtrisées, des trousses, pochettes, sacs à main, sacs à
dos sont réalisés par l'atelier et proposés à la vente dans quelques magasins
en Bolivie et quelques circuits associatifs en
France. La qualité des
articles confectionnés est reconnue par des professionnels de l'artisanat, en
Bolivie comme en France. Il reste à former les femmes en gestion et
comptabilité, afin que le groupe fonctionne de manière autonome. L'objectif de la
coordinatrice française, soutenue par l'association "Solidarité avec les
Indiens de Potosi/Bolivie" a toujours été très clair: le groupe
"l'Étoile du Matin" devait pouvoir fonctionner, de manière autonome,
depuis l'achat de la matière première jusqu'à la vente des produits
confectionnés. Après
une phase de formation, les femmes élisent un comité de vente chargé de gérer
un fond de roulement et de sélectionner les tissages de qualité qui servent de
base à la confection de l'artisanat. Elles se chargent de la gestion des stocks
et de l'approvisionnement en matière première. Le groupe fonctionne désormais
de manière autonome. Hormis les
périodes de semailles des cultures (au mois d'octobre) et des récoltes (au mois
de juin) durant lesquelles ces agricultrices travaillent leurs terres, elles
sont capables d'une production artisanale qui est en moyenne d'un cinquantaine
d'articles tissés et cousus par mois, pour l'ensemble de l'atelier. Cette
production est susceptible d'être doublée, en fonction de la demande. La transformation
des tissus traditionnels, par la couture, est
devenu un moyen pour les femmes,
de contribuer à l'amélioration des ressources économiques de leurs familles, tout
en leur permettant de rester dans leur propre environnement. 4. Les prix Les prix ont été
calculés par les artisanes elles-mêmes sur la base du salaire journalier d'un
ouvrier en Bolivie. Les femmes de l'Étoile du Matin ont comptabilisé leur temps
de travail: avant d'être tissée, la laine doit être tordue et tendue sur le
métier à tisser. Lorsqu'il s'agit de laine de mouton, elle doit
également être filée avant toute autre manipulation. La finition d'un tissage
se fait à l'aiguille. Elles ont également insisté sur les finitions en couture,
dans l'optique de proposer un artisanat de qualité. Les prix établis
représentent deux à trois fois les prix en vigueur sur le marché bolivien. Sur
chaque article vendu par les femmes au comité de vente, 10 % du prix sont
retirés par elles-mêmes pour contribuer à la constitution d'une caisse commune
au groupe. Cette caisse va permettre d'assurer la maintenance de l'atelier et
de prendre en charge les frais des voyages en ville nécessaires à l'approvisionnement en matière première. Aux prix décidés
par les artisanes, s'ajoutent 36 % qui correspondent aux frais de transport et
de douane. Les prix coûtants
sont indiqués en monnaie locale: le boliviano(s) et en Euros (€). Chaque prix
coûtant comprend: la somme d'argent payée à la tisseuse, ajoutée à celle remise
à la couturière, plus 10 % qui sont versés dans la caisse commune de l'atelier
des femmes. Au prix coûtant en
Euros, sont ajoutés les 36% de frais de transport et de douane. 4.1. Les prix en Euros
4.2.
Détail des prix
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